À l’occasion de la commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi, le Président Paul Kagame a réitéré la décision du Rwanda de maintenir ses mesures défensives le long de ses frontières, soulignant leur nécessité pour protéger le pays face aux menaces persistantes provenant de l’Est de la République Démocratique du Congo.
Dans un entretien exclusif accordé récemment à Jeune Afrique, le Chef de l’État a dénoncé l’hypocrisie de certains acteurs internationaux qui exigent la levée de ces mesures sans tenir compte des préoccupations légitimes de sécurité du Rwanda.
« Nous refusons de retirer nos mesures défensives, qu’il s’agisse de troupes ou d’autres dispositifs. Nous appelons cela des mesures défensives. Et selon votre logique, pourquoi une menace serait-elle dirigée contre moi, et vous me demandez de retirer mes mesures de protection alors que vous n’agissez pas face à cette menace ? Quelle est cette logique ? » a-t-il affirmé avec fermeté.
Le Président Kagame a insisté sur le fait que ces mesures sont exclusivement destinées à sécuriser les frontières rwandaises et à empêcher toute force hostile de pénétrer sur le territoire national. La menace persistante du groupe terroriste FDLR, a-t-il rappelé, rend la poursuite de ces mesures essentielle.

Le président Paul Kagame/Photo igihe.com
Depuis janvier 2025, lorsque les forces AFC/M23 ont pris le contrôle de Goma, Kagame a souligné que la situation sécuritaire dans l’Est du Congo s’était améliorée. La présence du M23 le long de la frontière contribue aujourd’hui à une meilleure sécurité frontalière entre le Rwanda et la RDC.
« La situation actuelle est meilleure qu’auparavant. Chacun peut faire sa propre évaluation. Il fait plus sûr à Goma et à Bukavu qu’avant. Il n’y a aucun doute à ce sujet. Toute la frontière est désormais sécurisée », a-t-il déclaré, rappelant la vigilance constante nécessaire pour protéger le pays.
Malgré les critiques émanant de certains acteurs internationaux, le Président Kagame a maintenu que la posture défensive du Rwanda reste indispensable pour garantir qu’aucune menace ne franchisse nos frontières. « La chose la plus facile à faire, ici, est de blâmer le Rwanda et d’imposer toutes sortes de sanctions, car c’est ce qui est simple. Mais cela résout-il le problème quand on ignore la cause profonde ? » a-t-il interrogé, soulignant la nécessité d’une approche équitable et responsable.
Le Chef de l’État a également évoqué la possibilité d’un compromis, tout en rappelant que les accords précédents avec la RDC n’ont jamais été entièrement respectés. « Une solution de compromis a été envisagée dans plusieurs de ces accords, y compris celui de Washington D.C., mais les accords passés n’ont jamais été respectés par la RDC », a-t-il précisé.
À travers ces déclarations, le Rwanda affirme non seulement sa détermination à protéger ses citoyens et sa souveraineté, mais rappelle également que la mémoire du génocide perpétré contre lesTutsi, impose vigilance et responsabilité. La sécurité nationale n’est pas une option, mais un devoir moral et historique, garantissant que le pays reste à l’abri des menaces et que la justice pour les victimes du génocide soit préservée.
Dans le contexte international, Kagame a insisté sur la cohérence et l’équité : les mesures défensives du Rwanda ne sont ni provocatrices ni offensives, elles sont préventives et légitimes, répondant à des menaces tangibles et documentées.
L’histoire tragique du génocide perpetré contre les Tutsi de 1994, où l’indifférence et l’inaction ont coûté la vie à plus d’un million de Rwandais, demeure un rappel solennel de l’importance de protéger la nation et de ne jamais laisser les signaux d’alerte être ignorés.
« Nous avons tiré les leçons du passé. Nous ne pouvons pas nous permettre de répéter les erreurs où la sécurité du pays et la vie de nos citoyens seraient compromises. Chaque mesure que nous prenons aujourd’hui est guidée par cette mémoire et par notre engagement envers la paix et la stabilité », a conclu le Président Kagame.
Ainsi, à l’heure où le Rwanda se souvient, il réaffirme sa vigilance et son engagement : la sécurité des frontières, le respect des accords internationaux et la prévention de toute menace future. Le message du Rwanda est clair : la défense nationale est une responsabilité sacrée, et toute tentative de la minimiser sans considérer la réalité sécuritaire est une méconnaissance des leçons de l’histoire et du prix de la liberté.
Alphonse

